[Déclaration_2016.05.09.] Que le gouvernement coréen autorise immédiatement l’entrée des 28 Syriens innocents détenus à l’aéroport depuis six mois et leur donne la possibilité de faire examiner leur demande d’asile
Depuis fin novembre de l’année dernière, le gouvernement coréen n’accorde pas la possibilité d’un examen de leur demande d’asile à certains réfugiés de nationalité syrienne arrivés à l’aéroport d’Incheon, au motif qu’ils ne seraient pas des réfugiés. Venus chercher refuge en Corée après avoir quitté un champ de bataille, ils sont aujourd’hui 28 à être détenus dans la salle d’attente de rapatriement du deuxième étage de l’aéroport d’Incheon, et cela dure déjà depuis six mois. Ne recevant pour tout repas qu’un hamburger au poulet et un Coca, enfermés dans une salle d’attente de rapatriement close où ils ne voient pas la lumière du soleil, soumis aux injures et aux menaces du personnel, sans pouvoir recevoir de soins médicaux normaux, ils sont détenus illégalement de longue date.
Après avoir longtemps espéré que les autorités résoudraient d’elles-mêmes le problème, nous avons demandé à plusieurs reprises que leur entrée soit autorisée. Mais pendant ces six mois, dans un lieu que les autorités ont déjà abandonné, où des organisations de la société civile les conseillent, les aident à accéder aux soins médicaux et leur fournissent des articles de toilette, la santé des réfugiés se dégrade peu à peu et ils sont poussés à des situations extrêmes, mentalement comme physiquement. Le Comité des droits de l’homme des Nations unies a même adressé au gouvernement coréen une mesure provisoire lui demandant de ne pas rapatrier les réfugiés syriens détenus à l’aéroport et de leur accorder un traitement humanitaire.
La Syrie entre déjà dans sa cinquième année de guerre, et la semaine dernière encore, la reprise des raids aériens du gouvernement d’Assad sur Alep a détruit un hôpital pour enfants, faisant sans cesse de nouvelles victimes. Dans les pays développés comme les États-Unis, le Canada et ceux d’Europe, 99 % des demandeurs d’asile originaires de Syrie sont reconnus comme réfugiés, et l’on cherche de diverses manières à les protéger. Notre gouvernement a lui aussi déclaré publiquement, par le discours de la présidente Park Geun-hye à l’Assemblée générale des Nations unies l’année dernière, la nécessité d’une aide humanitaire aux réfugiés syriens et sa volonté de partager cette responsabilité ; ayant présidé le Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (EXCOM) et assurant cette année la présidence du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, il a affirmé à l’extérieur sa responsabilité de jouer un rôle de premier plan dans la protection des droits des réfugiés.
Comment le gouvernement de la République de Corée peut-il, après avoir refusé même la possibilité d’un examen à des réfugiés syriens manifestement réfugiés, et les avoir détenus longtemps à l’aéroport en affirmant qu’ils ne le sont pas, oser évoquer à l’avenir la protection des réfugiés devant la communauté internationale ? Le gouvernement coréen veut-il renvoyer les réfugiés syriens sur le champ de bataille ? Ou veut-il continuer à les détenir dans la salle d’attente de rapatriement aménagée dans un coin de l’aéroport d’Incheon, dont on se vante comme de l’un des meilleurs équipements au monde ? Qui assumera, et comment, la responsabilité de ces six mois de détention sans base légale ?
Nous qui sommes solidaires de réfugiés qui sont des êtres humains comme nous et qui, séparés de leur famille par les ravages du champ de bataille, sont détenus, nous demandons que le gouvernement coréen autorise rapidement l’entrée des 28 personnes et leur donne la possibilité de bénéficier d’un examen de leur demande d’asile, qu’il cesse de détenir à l’intérieur des limites de l’aéroport des personnes dont le statut de réfugié est manifeste, et qu’il améliore le système afin de ne plus refuser des réfugiés à la frontière par des décisions de non-recevabilité fondées sur des critères sans rapport avec le profil de risque (Risk Profile) établi par la communauté internationale.
9 mai 2016
난민지원네트워크(공익법센터 어필, 공익인권법재단 공감, 난민인권센터, 세이브더칠드런, 에코팜므, 재단법인 동천, 아시아평화를향한이주 MAP, 이주민지원공익센터 감동, 피난처, 한국이주인권센터, 휴먼아시아), 외국인이주․노동운동협의회, 경산(경북)이주노동자센터, 수원이주민센터, 아시아의친구들 Friends Of Asia, 아시아인권문화연대, 외국인이주노동운동협의회, 의정부 엑소더스, 이주민센터 친구, TAW(터)네트워크, 한국이주민건강협회, 한국이주여성인권센터, 이주공동행동[이주노동자 차별철폐와 인권 노동권 실현을 위한 공동행동(건강권실현을위한보건의료단체연합, 경기이주공대위, 공익인권법재단 공감, 구속노동자후원회, 노동당, 노동사회과학연구소, 노동전선, 노동자연대, 녹색당소수자인권특별위원회, 대한불교조계종사회노동위원회, 문화연대, 민주사회를위한변호사모임노동위원회, 민주주의법학연구회, 민주화를위한전국교수협의회, (사)한국불교종단협의회인권위원회, 사회변혁노동자당, 사회진보연대, 서울경인이주노동자노동조합(MTU), 아시아의창, 연구공간 수유+너머, 이주노동희망센터, 이주노동자운동후원회, 이주민방송(MWTV), 인권단체연석회의, 전국민주노동조합총연맹, 전국불안정노동철폐연대, 전국빈민연합, 전국철거민연합, 전국학생행진, 지구인의정류장, 천주교인권위원회, 필리핀공동체카사마코, 한국비정규노동센터, 한국이주인권센터], 경주이주노동자센터, 이주민과 함께, 안산이주민센터, 양산외국인노동자의집, 울산이주민센터, 이주민노동인권센터, 천안모이세