
[Déclaration] Le ministère de la Justice (Ministry of Justice, MOJ) doit retirer sa politique d’interdiction d’emploi dans la construction, qui, loin d’aider à l’installation des personnes bénéficiant d’un séjour humanitaire, ferme aussi aux réfugiés ayant fui les zones de guerre toute possibilité de survie par un emploi qu’ils ont eux-mêmes trouvé.1. Depuis le mois dernier, les bureaux de l’immigration et des étrangers (Immigration Office) en première ligne ont affiché une « note d’information » annonçant que l’instauration de frais pour les permis de séjour des demandeurs d’asile, des personnes bénéficiant d’un séjour humanitaire et des réfugiés reconnus, ainsi que l’interdiction d’emploi dans la construction pour les demandeurs d’asile et les personnes bénéficiant d’un séjour humanitaire, entreraient tous en vigueur le 1er juillet. Il n’existe actuellement aucun soutien à l’installation des réfugiés ; or des réfugiés, qui ne sont pas intégrés dans le filet de sécurité sociale, qui n’ont d’autre moyen de subsistance que l’autonomie par l’emploi, dont toute la responsabilité repose sur eux seuls, continuent d’être chassés, malgré les barrières de la langue et de la culture, des emplois de la construction qu’ils avaient eu tant de mal à trouver.
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Depuis l’année dernière, le ministère de la Justice a annoncé des « mesures concernant les étrangers en séjour et en emploi irréguliers » dans le but d’« empêcher les étrangers en situation irrégulière d’empiéter sur les emplois des nationaux dans la construction et ailleurs », en invoquant comme fondements la protection des emplois des nationaux et la prévention de la discrimination à rebours à l’égard des nationaux. Ces mesures elles-mêmes posaient déjà de nombreux problèmes : elles empêchent la survie des étrangers pour qui le travail non qualifié est le seul moyen de subsistance, la pénurie de main-d’œuvre sur le terrain ne peut absolument pas être résolue en excluant les étrangers, et elles reposaient sur un sentiment de xénophobie.
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Or la note d’information annoncée cette fois ne tient absolument pas compte de la « spécificité des réfugiés ». Dans la cruelle réalité coréenne, où n’existe aucune politique ni aucun dispositif de soutien à l’installation des réfugiés, les moyens de subsistance dont disposent les réfugiés, qui ont de grands besoins de protection dans un autre espace culturel où la langue et la culture sont complètement différentes, sont pour la plupart des emplois non qualifiés. Pour des réfugiés qui ne peuvent rentrer chez eux parce que la persécution y est avérée et qui doivent trouver eux-mêmes en Corée de quoi manger et de quoi dormir le jour même, exclure les emplois non qualifiés des métiers accessibles revient à les priver immédiatement de leur droit de survivre et à les jeter à la rue.
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De plus, les réfugiés les plus directement touchés par cette politique sont les « personnes bénéficiant d’un séjour humanitaire ». Que dire des objectifs politiques que l’on pourrait atteindre, au regard de la grave atteinte au droit de survivre de 2 005 personnes bénéficiant d’un séjour humanitaire séjournant en Corée (au 31 décembre 2018), venues se réfugier en Corée principalement depuis des zones de guerre au motif qu’elles risquaient d’être soumises à la torture et à d’autres traitements cruels, en les excluant des métiers de la construction ?5. L’interruption de l’emploi des « demandeurs d’asile » dans la construction n’est, elle aussi, rien d’autre qu’une autre mesure qui fait peser sur les demandeurs d’asile toute la souffrance causée par l’allongement de l’examen des demandes d’asile. On a même commencé à imposer l’obligation de payer de nouveaux frais : les demandeurs d’asile doivent désormais s’acquitter de 60 000 wons pour la prolongation du permis de séjour et de 120 000 wons pour l’autorisation d’exercer des activités non couvertes par le statut de séjour en vue d’un permis de travail, et le fait de devoir payer tous les mois ou tous les trois mois dépend de la discrétion des agents de l’immigration. Alors que les frais de subsistance des demandeurs d’asile ne sont presque jamais versés, un réfugié qui entend demander protection en s’appuyant sur le système d’asile coréen doit travailler par lui-même pour tenir pendant la durée de l’examen, doit payer régulièrement de l’argent pour gagner de l’argent, et voit en outre disparaître peu à peu même les emplois où il peut travailler légalement.
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Cette situation va précisément à l’encontre des mesures de soutien à l’installation dans la société coréenne, telles que le système de mentorat, que le ministère de la Justice avait annoncées l’année dernière à propos des réfugiés yéménites, dont la plupart se sont vu accorder un séjour humanitaire. Alors qu’il faudrait au contraire corriger l’absence totale de mesures de subsistance pour les « personnes bénéficiant d’un séjour humanitaire », qui n’ont aucun réseau dans la société coréenne, et chercher diverses mesures de soutien à l’installation comme un service d’orientation vers l’emploi et l’interprétation, on rejette de nouveau dans la froideur de la rue les personnes bénéficiant d’un séjour humanitaire qui ont fui la guerre.
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Les organisations membres du Réseau pour les droits des réfugiés (Korea Refugee Rights Network, KORIN), qui défendent les droits humains des réfugiés dans la société coréenne et s’opposent à toute discrimination, s’opposent fermement à ce que le ministère de la Justice, qui avait déjà jeté à la rue les Yéménites de l’île de Jeju faute de politique jusque-là, leur retire cette fois encore, loin de leur accorder un soutien à la subsistance, même leurs moyens de subsistance et les jette à la rue. En tant qu’organe relevant du gouvernement de la République de Corée, qui doit non seulement respecter la Convention relative au statut des réfugiés et la loi sur les réfugiés (Refugee Act) mais aussi participer activement au Forum mondial sur les réfugiés (2019 Global Refugee Forum), réunion ministérielle prévue par le Pacte mondial, le ministère de la Justice doit retirer immédiatement sa politique d’interdiction d’emploi dans la construction pour les demandeurs d’asile et les personnes bénéficiant d’un séjour humanitaire, qui s’appuie sur la discrimination à l’égard des réfugiés, ainsi que sa politique d’imposition de frais, et élaborer des mesures de soutien à l’installation des personnes bénéficiant d’un séjour humanitaire.3 juillet 2019Réseau pour les droits des réfugiés (Korea Refugee Rights Network, KORIN)▣ Réseau pour les droits des réfugiés (au 3 juillet 2019, les 23 organisations membres et 4 membres spéciaux ci-dessous)공익법센터 어필, 공익변호사와 함께하는 동행, 공익사단법인 정, 공익인권법재단 공감, 공익인권센터 드림(DREAM), 국제난민지원단체 피난처, 글로벌호프, 난민인권센터, 동두천난민공동체, 사단법인 두루, 순천이주민지원센터, 아시아의 친구들, 아시아평화를향한이주MAP, 이주여성을위한문화경제공동체 에코팜므,이주민지원공익센터 감동, 의정부 EXODUS, 이주민지원센터친구, 천주교 제주교구 이주사목센터 나오미, 재단법인 동천, 제주평화인권연구소 왓, 파주 EXODUS, 한국이주인권센터, 휴먼아시아