Conférence de presse commune d’organisations de défense des migrants, du travail et des droits humains condamnant les propos racistes du président du Parti de la Corée libre, Hwang Kyo-ahn, qui veut priver même les travailleurs migrants du salaire minimum
○ Date et heure : le 20 juin 2019 (jeudi), 13 h
○ Lieu : devant le siège du Parti de la Corée libre
○ Organisation conjointe : Action commune pour l’abolition de la discrimination envers les travailleurs migrants et la réalisation de leurs droits humains et de leurs droits du travail (Action commune pour les migrants)
(건강권실현을위한보건의료단체연합, 경기이주공대위, 공익인권법재단 공감, 구속노동자후원회, 노동당, 노동사회과학연구소, 노동전선, 노동자연대, 녹색당, 대한불교조계종사회노동위원회, 문화연대, 민주사회를위한변호사모임노동위원회, 민주주의법학연구회, 민주화를위한전국교수협의회, 사회변혁노동자당, 사회진보연대, 아시아의창, 이주노동자노동조합(MTU), (사)이주노동희망센터, 이주노동자운동후원회, 이주민방송(MWTV), 이주민센터 친구, 전국민주노동조합총연맹, 전국빈민연합, 전국철거민연합, 전국학생행진, 정의당, 지구인의정류장, 천주교인권위원회, 필리핀공동체카사마코, (사)한국불교종단협의회인권위원회, 한국비정규노동센터)
‘단속추방반대! 노동비자쟁취!’ 경기지역 이주노동자 공동대책위원회 (노동당 수원오산화성당원협의회, 노동자연대 경기지회, 녹색당 경기도당, 다산인권센터, 민주노총 경기도본부, 사회변혁노동자당 경기도당, 수원이주민센터, 아시아의 친구들, 오산이주노동자센터, 이주노조, 지구인의 정류장, 한국노동안전보건연구소, 화성이주노동자쉼터)
공익법센터 어필, 두레방, (사)이주민과함께, (사)한국이주민건강협회 희망의친구들, 아시아평화를향한이주 MAP, 외국인이주노동자인권을위한모임, 이주민지원공익센터 감동
이주인권연대(경산이주노동자센터, 경주이주노동자센터, (사)이주민과 함께, 아시아의 창, 안산이주민센터, 양산외국인노동자의집, 울산이주민센터, 이주민노동인권센터, 이주와 인권연구소, 지구인의 정류장, 천안 모이세, 한국이주인권센터)
○ Déroulement de la conférence de presse
Présentation de l’objet de la conférence de presse
Prises de parole des organisations participantes
Performance
– Lecture de la déclaration de la conférence de presse
<Déclaration de la conférence de presse>
Nous condamnons avec la plus grande fermeté les propos racistes de Hwang Kyo-ahn, qui veut priver même les travailleurs migrants, déjà précarisés, de leur salaire minimum ! Que le président Hwang Kyo-ahn présente immédiatement des excuses pour ses propos discriminatoires et les retire !
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Le président du Parti de la Corée libre, Hwang Kyo-ahn, aurait déclaré lors d’une réunion avec des dirigeants de petites et moyennes entreprises de la région de Busan : « Les étrangers n’ont rien apporté à notre pays ; je ne pense donc pas qu’il soit juste de leur maintenir le même niveau de salaire. » En un mot, ces propos sont le comble des dérapages qui encouragent ouvertement la discrimination à l’égard des travailleurs migrants. Jusqu’ici, les organisations patronales, au premier rang desquelles la Fédération coréenne des petites et moyennes entreprises, réclamaient une baisse du salaire minimum des travailleurs migrants ; cela s’est traduit par le dépôt de propositions de loi discriminatoires par certains députés du Parti de la Corée libre, et voilà que le président du parti lui-même s’en fait le défenseur, ce qui montre clairement que le Parti de la Corée libre tout entier est un parti qui discrimine les travailleurs migrants et les migrants. Nous condamnons avec la plus grande fermeté les propos racistes du président Hwang Kyo-ahn. Hwang Kyo-ahn doit présenter sans attendre ses excuses et retirer ses propos !
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Les propos du président Hwang Kyo-ahn ne sont que mensonges, du début à la fin. Affirmer que les étrangers n’ont rien apporté à la Corée ne fait que révéler son ignorance du fait que, durant les trente années de l’histoire du travail migrant, les travailleurs migrants ont soutenu l’économie coréenne en occupant, dans les métiers dits des « 3D », tout en bas de l’échelle, des emplois que les nationaux ne veulent pas occuper. Si ce n’est pas de l’ignorance, c’est un aveuglement volontaire et une déclaration mensongère. Selon un rapport de 2017 de l’Institut de recherche sur la politique d’immigration (IOM Migration Research and Training Centre, MRTC), un million de travailleurs migrants ont apporté en 2016 un effet économique total de 74 100 milliards de wons, soit 54 600 milliards d’effet de production et 19 500 milliards d’effet de consommation ; ce chiffre augmente régulièrement et devait dépasser les 100 000 milliards de wons en 2020. Même sans ces chiffres, il suffit de lire quelques articles de presse pour savoir que, sans les travailleurs migrants, l’industrie manufacturière, l’agriculture, l’élevage et la pêche, la construction et les services cesseraient aussitôt de fonctionner. Les travailleurs migrants, en travaillant et en vivant comme membres de la société, paient des impôts, consomment et créent aussi des emplois qui y sont liés. C’est plutôt la société coréenne qui n’a guère contribué à la formation de la force de travail des travailleurs migrants : la Corée n’a rien payé pour qu’un travailleur migrant devienne un adulte apte au travail et arrive en Corée. De plus, c’est parce qu’il lui fallait une main-d’œuvre à bas salaire que le gouvernement coréen et les entreprises ont fait venir les travailleurs migrants. Vouloir malgré tout rogner jusqu’au salaire minimum, c’est vouloir manger le foie d’une puce, c’est l’esprit mesquin de Nolbu qui veut presser encore davantage les plus faibles.
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Réduire le salaire minimum des travailleurs migrants n’est possible ni en droit interne ni en droit international. L’article 6 de la loi sur les normes du travail (Égalité de traitement) dispose qu’il est interdit de discriminer les conditions de travail en raison du sexe, de la nationalité, de la religion ou de la condition sociale, et la Convention n° 111 de l’Organisation internationale du travail (OIT) concernant la discrimination (emploi et profession), que le gouvernement coréen a signée et ratifiée, interdit elle aussi toute discrimination et toute exclusion fondées sur la race, la couleur, le sexe, la religion, l’opinion politique, l’ascendance nationale ou l’origine sociale. La Convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale interdit de même la discrimination fondée sur la race, la couleur, l’ascendance ou l’origine nationale ou ethnique, et fait obligation aux États parties de prendre des mesures à cette fin. Le droit interne comme le droit international interdisent donc fermement tout traitement discriminatoire fondé sur la nationalité, la couleur de peau ou la race. Que le président Hwang Kyo-ahn, ancien juriste, ait tenu ces propos en le sachant ou sans le savoir, on ne peut que constater qu’il n’a pas les qualités requises pour diriger le premier parti d’opposition.
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En réalité, les travailleurs migrants ne perçoivent même pas correctement le salaire minimum, et leurs conditions de travail sont inférieures au minimum. Selon le rapport d’enquête « Moins que le minimum : enquête de 2018 sur les conditions de travail et de logement des travailleurs migrants », publié en mars 2019 par l’Institut Migration et droits humains, un simple calcul à partir des longues heures de travail et des salaires des travailleurs migrants montre qu’ils perçoivent en moyenne un salaire inférieur au salaire minimum. De surcroît, le ministère de l’Emploi et du Travail (Ministry of Employment and Labor, MOEL) applique depuis 2017 une « directive sur la retenue des frais de logement et de repas » qui prévoit de déduire de 8 à 20 % du salaire mensuel des travailleurs migrants au titre du logement et des repas, si bien que la hausse du salaire minimum n’a guère d’effet pour eux. À cela s’ajoute que les employeurs réduisent de diverses manières le salaire des travailleurs migrants : en n’incluant pas dans le temps de travail le temps de nettoyage ni les temps de préparation et de clôture du travail, ou en versant des heures supplémentaires amputées. Dans l’agriculture, l’élevage et la pêche, une dérogation prévue à l’article 63 de la loi sur les normes du travail fait même que les travailleurs ne perçoivent aucune rémunération pour leurs heures supplémentaires. En outre, dégrader le salaire et les conditions de travail des travailleurs migrants affecte aussi les autres travailleurs, car cela exerce une pression à la baisse et aggrave les conditions de travail de l’ensemble. Appliquer le salaire minimum de façon discriminatoire est impossible et ne doit pas être fait.
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Quelle que soit l’urgence de gagner des voix à l’approche des élections législatives, on ne doit pas faire des travailleurs migrants et des migrants des boucs émissaires. Le Parti de la Corée libre pense peut-être obtenir des voix par une attitude d’extrême droite qui encourage la discrimination envers les plus faibles de la société, tels que les travailleurs, les femmes et les minorités sexuelles, et pratique le racisme, mais la société ne l’acceptera pas. Que le président Hwang Kyo-ahn présente immédiatement des excuses pour ses propos discriminatoires et les retire !
20 juin 2019
Tous les participants à la conférence de presse commune des organisations de défense des migrants, du travail et des droits humains